Gunther Halm

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Gunther Halm

Message par steiner61 le Dim 27 Mar - 20:05

La guerre aussi horrible soit elle, peut parfois révéler chez un individu des ressources insoupçonnées,
Gunther Halm est l’un de ces homme, voici son histoire.

Né à Elze, petite ville du nord de l’Allemagne, le 27 Août 1922. Il est, au moment ou la guerre éclate, en apprentissage comme mécanicien ajusteur. En Septembre 1941, après avoir obtenu son diplôme, il est incorporé dans l’armée Allemande. Sa passion pour l’automobile le pousse naturellement à se porter volontaire pour servir dans les troupes motorisées. Sa formation de base terminée, il est affecté à la section anti-char de la compagnie de commandement du 104ème régiment de panzer grenadiers.


Le grenadier Gunther HALM

La section sous les ordres du lieutenant Skubovius comprend deux pièces anti-char, des PAK 36r plus précisément. Ces canons très performants, équipaient à l’origine l’armée Soviétique. La Wehrmacht  en ayant capturé un très grand nombre sur le front de l’est, elle les réutilise à son tour.

Chaque pièce est servit par cinq hommes, un chef de pièce qui commande l’ensemble, un tireur chargé d’identifier la cible, de pointer le canon et de tirer, et trois servants chargés de préparer les obus, et d’approvisionner l’arme. Halm occupe le poste de pointeur, son chef de pièce est l’Unteroffizier Jabeck.


Servants mettant en batterie un PAK 36r. La nature du terrain empêche les servants de creuser un emplacement de combat.

Le 104ème régiment de panzergrenadiers fait partie de la 21ème panzerdivision. Cette unité opère en Libye au sein de la Deutch Afrika Korps (DAK), depuis  Avril 1941 sous le commandement du général Rommel. La mission de ce corps d’armée, est d’épauler leurs alliés Italiens, contre l’armée Britannique, en Libye et en Egypte.

Alors que Tobrouk vient de tomber (21/06/1942), les forces de l’axe tentent de percer la ligne « Gazala », un ensemble de positions ou les troupes du Commonwealth et les forces Françaises libres, se sont retranchées.  Les combats sont terribles, par une chaleur pouvant atteindre 50°, en journée et -10° la nuit, ou l’eau est rationné.  Il n’y a pas d’ombre, aucune végétation, creuser des emplacements de combat est impossible, car le sol est trop dur.

Au sein de sa section, le Grenadier HALM est considéré comme un bon camarade, soldat discret, calme, consciencieux dans son travail.
Le 15 Juillet 1942, il se distingue pour la première fois, lors d’un engagement dans le secteur de Bir-hakeim, ou il va détruire deux blindés ennemis. Cette action lui vaut la croix de fer de 2ème classe.  

Après que la ligne « Gazala » ait été percée, les troupes alliés se replient sur l’Egypte. Elles s’installent sur une nouvelle position défensive qui va  cette fois ci, arrêter définitivement l’avancée de l’axe. L’histoire ne va retenir qu’un nom, El alamein. Le dispositif Allié s’appui au sud, sur la dépression de Quatara, zone infranchissable pour des véhicules, et au nord, sur la mer méditerranée.  
Toutes les tentatives pour percer cette ligne de défense vont échouer. Les troupes-Germano Italiennes vont être condamnées à tenir en s’enterrant sur leurs positions, recevant leur ravitaillement au compte goutte, alors que les troupes Alliés se renforcent de jour en jour, attendant patiemment le moment propice, pour attaquer.
A partir du 10 Juillet, les Britanniques attaquent. Les combats se succèdent durant plusieurs jours, les troupes de l’axe vacillent, une profonde brèche a été ouverte dans leurs positions. Le 22 Juillet, le commandement Anglais décide de frapper un coup décisif, en engageant contre le centre ennemi une unité fraichement arrivée d’Angleterre, la 23ème brigade blindée, celle-ci sera soutenue par la 163ème brigade d’infanterie Indienne.
Ce 22 Juillet, l’attaque progresse normalement et les blindés de tête, atteignent un oued desséché qu’ils s’apprêtent à franchir.


Char Valentine transportant des fantassins Britanniques.

De l’autre coté de l’oued, se trouve 13 hommes et deux canons anti-char, la section anti-char de la compagnie de commandement du 104ème régiment de panzer grenadiers.
La section est déployée sur une crête surplombant le bord ouest de l’oued, large à cet endroit de 300 m. La pièce de Halm se trouve à gauche du dispositif, la deuxième pièce se trouve en retrait, à une cinquantaine de mètres sur la droite. Les canons n’ont pu être enterrés, car le sol rocailleux est beaucoup trop dur.  

Le lieutenant Skubovius observe dans ses jumelles la progression de l’ennemi. Il sait que la surprise et son meilleur atout. Les hommes sont à leurs postes et attendent ses ordres. Guidés par leurs chefs de pièces, les pointeurs suivent eux aussi dans la lentille de leurs lunettes, la progression des chars ennemis, qu’ils identifient, ce sont des Valentine MK III et IV, d’un poids de 17 tonnes, environs 60 mm de blindage frontal.


Le char Valentine est armé d'un canon de 40 mm et d'une mitrailleuse coaxiale de 303.
Le canon de 40 mm, ne pouvait tirer que des obus perforants. Seule la mitrailleuse
coaxiale était réellement efficace contre l'infanterie et les canons anti-char.

Sur la pente ouest de l’oued, ils sont à présent plus d’une cinquantaine de blindés à progresser. Il faut avoir des nerfs d’acier pour pouvoir résister à un tel spectacle et ne pas paniquer. Les hommes ont la bouche sèche, les mains crispés. Le chef de pièce est à coté de Halm et, calmement lui désigne sa cible, Gunther fait pivoter le tube, l’œil rivé sur sa lunette. Il aperçoit à travers la poussière la silhouette de trois blindés progressant vers la droite, formation en triangle, pointe en avant. Le plus proche se trouve légèrement en retrait du char de tête, à un peu plus de 100 m de distance. Gunther sait que le char n’a aucune chance, l’obus anti-char à une vitesse de 750 m/s et perce à cette distance 100 mm de blindage.
La voix du lieutenant Skubovius claque soudain :
« Feu à volonté !»
Halm appui sur la commande de tir, claquement sec, la pièce recule brutalement. Gunther reçoit violement dans le bras, le volant de pointage. Il vient de se souvenir que les flèches de la pièce n’étaient pas ancrées dans le sol, celui-ci étant trop dur. Le recul de la pièce vient de faire le travail, la pièce ne bougera plus !
Le chargeur  vient d’enfourner un obus dans la chambre, claquement sec de la culasse, il annonce : « Pièce prête !».
Dans sa lunette, le 1er char vient de s’immobiliser, l’équipage évacue l’engin. Halm recherche le char de tête, celui-ci continue de progresser vers la droite, présentant son flanc au PAK. Gunther aligne sa hausse sur le blindé puis tire, le char semble tressaillir sous l’impact, puis s’immobilise. Il aligne sa 3ème cible, puis tire. Le 3ème char s’immobilise à son tour, après avoir parcourut quelques mètres. Halm ne réfléchit pas, il agit par instinct, calmement.


Sous le feu de l'ennemi.

En face, les blindés Britanniques comprennent que quelque chose ne va pas, en moins d’une minute, trois chars ont été mis hors de combat. En poursuivant leur progression, ils cherchent dans leurs secteurs de surveillance le canon ennemi.

Halm a encore le temps de détruire deux autres chars, avant que les blindés ennemis repèrent la position de sa pièce et concentrent leurs tirs dessus. Derrière sa lunette, le pointeur entend les balles frapper le bouclier de la pièce. Le chargeur s’effondre, blessé. Il est aussitôt remplacé par un autre servant. Le canon tire sans interruption. Pratiquement chaque tir atteint sa cible. En quelques minutes six blindés sont hors de combat.
Certains chars Britanniques tentent de contourner la pièce, ils tombent sous le feu de la deuxième pièce restée jusqu'à présent silencieuse. Le lit de l’oued est bientôt jonché de carcasses de blindés.
L’attaque d’une centaine de chars est tenue en échec par une poignée d’hommes et deux pièces anti-char.

Mais le rapport de force est par trop inégal, le commandement Allemand le comprend rapidement, une dizaine de bombardiers en piqué JU 87 sont dépêchés, noyant le lit de l’oued sous les bombes et gagnant le délai nécessaire pour préparer une contre attaque.
Quand les troupes Allemandes dégagent la position, la section anti-char était sur le point de succomber, la moitié de ses hommes  sont hors de combat, la pièce de Halm a son bouclier déchiqueté, sa lunette de visée hors service.

Le 23 Juillet, Gunther Halm légèrement blessé, est décoré de la croix de fer de 1ère classe, des mains de son chef de corps, l’oberst Ewert.  


7 Août 1942, le grenadier Gunther Halm est décoré de la croix de chevalier,
par le Feld marchal Rommel.

Le 7 Août, le Feld maréchal Rommel  le décore de la croix de chevalier et il est nommé au grade de caporal. Il est le plus jeune soldat Allemand à porter ces décorations.

Après la guerre, lors d’une interview, Halm avoue n’avoir fait que son devoir, mais reconnait avoir eu beaucoup de chance ce jour là.


Gunther et son épouse Régine Halm au cours des années 1990'.
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